Collectif Internation Genève 2020

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Internation Genève 2020 est un collectif transdisciplinaire qui a été constitué à la Serpentine Gallery de Londres le 22 septembre 2018, à l’initiative de Hans Ultich Obrist et Bernard Stiegler, et auquel se sont joints cinquante deux personnalités du monde entier (scientifiques, mathématiciens, juristes, économistes, philosophes, anthropologues, sociologues, médecins, artistes, ingénieurs, chefs d’entreprises, activistes, designers).

Il s’est donné pour objectif de répondre aux discours que Monsieur Antonio Guterres, Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, a tenus à la suite des rapports récents du GIEC, et en particulier les discours des 10 septembre 2018 et 24 janvier 2019.

Le collectif Genève 2020 est basé à l’Institut de recherche et d’innovation du Centre Pompidou. Il présentera les résultats de ses travaux à Paris, dans la grande salle du Cente Pompidou, les 17 et 18 décembre 2019, puis à Genève, le 10 janvier 2020, dans le cadre du centenaire de la Société des Nations.

Présentation dans "Les Entretiens du nouveau industriel"

Source : https://enmi-conf.org/wp/enmi19/argumentaire/

Le travail de ce groupe a consisté avant tout à poser des principes issus de considérations scientifiques, à thématiser ces principes dans des champs spécifiques de la vie économique et sociale au XXIè siècle, et dans le contexte de l’ère Anthropocène, et à faire des analyses et des préconisations à la fois dans des champs thématiques et en matière de méthode.

Depuis le début du XIXè siècle, le devenir d’une économie industrielle et technologique, d’une part, et le devenir des savoirs scientifiques, d’autre part, sont devenus inséparables : la technologie industrielle (en premier lieu comme machinisme) devait intégrer des formalismes scientifiques, afin que l’organe industriel fonctionnât

Cette intégration de la science aux fonctions de production a cependant eu des conséquences qui s’avèrent aujourd’hui problématiques : en se développant essentiellement en vue du fonctionnement efficient conçu à l’échelle de la technologie, elle en est venue à secondariser et finalement à neutraliser – sinon à dénier – la question des finalités dites holistiques (c’est à dire considérées au niveau du tout, holon, que la biosphère constitue pour toute forme de vie).

Comme l’ont souligné plusieurs auteurs dès le XXè siècle, et dans le sillage d’Alfred Lotka, les bases scientifiques – et en particulier physiques – des modèles économiques mis en œuvre depuis le début de la révolution industrielle sont essentiellement mécanistes et newtoniennes : elles ne tiennent pas compte des questions liées à l’entropie, c’est à dire aux conséquences de la dissipation de l’énergie telle que la formalise le second principe de la thermodynamique, ni de ses conséquences en biologie.

L’économie a pour vocation avant tout de protéger la vie, et en particulier la vie humaine. L’économie industrielle ne peut continuer d’ignorer que la vie est avant tout une capacité à différer l’entropie par les développements locaux (à travers des localités plus ou moins vastes) de ce qu’Erwin Schrödinger a appelé en 1944 l’entropie négative. C’est ainsi que ce qui est nommé « les territoires en transition » constituent toujours des initiatives de revalorisation des solidarités et économies territoriales.

Dans l’état d’urgence absolue que caractérise l’impératif d’entrer dans la transition que le GIEC et le secrétaire général des Nations Unies posent comme étant désormais immédiatement impérative – c’est ce que Greta Thunberg tente de dire dans son style, et du point de vue de sa génération – , une méthode de travail appelée la recherche contributive, telle qu’elle est actuellement pratiquée en Seine-Saint-Denis, et qui consiste d’abord dans la création de territoires laboratoires, peut et doit être mise en œuvre à l’échelle internationale.

En posant que l’enjeu de la transition est d’abord de réduire l’entropie sous toutes ses formes, et cela, en développant de nouveaux modèles économiques et sociaux basés sur la lutte contre l’entropie, le but de la méthode contributive est d’assurer un transfert rapide de solutions recherchées ensemble par des chercheurs académiques et scientifiques, des habitants, des associations, des fondations, des partenaires économiques et des autorités politiques et administratives locales.

Ces démarches supposent à la fois une intelligence partagée des grandes transformations en cours et des tendances technologiques, leur critique rationnelle – c’est à dire l’identification de leurs limites, en particulier dans le contexte de l’ère Anthropocène, et sur le modèle de la philosophie critique d’Emmanuel Kant – , et la prise en compte des nouvelles dynamiques territoriales et urbaines engagées au cours de la dernière décennie.

La plus jeune génération, qui est avec raison inquiète de son avenir, et qui veut prendre ses responsabilités, doit être associée étroitement à de telles démarches, et cela, en développant des dispositifs de design contributif et de valorisation des communs, qui sont dans sa culture.